Article de presse

HORIZONS 04-09-2012

2A confie sa mise à niveau à des partenaires suisses

« Nous voulons nous spécialiser dans le risque industriel », déclare son P-DG

« Il n’y avait pas urgence à séparer l’assurance des personnes avec celle des dommages », a estimé le P-DG de la société algérienne d’assurance 2A, Tahar Bala, lors d’une conférence de presse, en marge d’un séminaire organisé avec le partenaire suisse Swiss Re, portant sur la mise à niveau de son personnel. Pour le patron de la première compagnie d’assurance, à 100% privée, agréée en 1998, « seules deux compagnies sur les sept présentes sur le marché ont, d’ailleurs, pu faire la filialisation », exigée depuis 2011 par le législateur algérien, c’est-à-dire créer une société dédiée aux dommages et une autre à l’assurance des personnes. « La société 2A n’a pu le faire, parce que cela demande un capital important qu’on ne peut supporter », explique-t-il d’autant que, argumente-t-il, l’assurance de personnes « ne représente que 7% dans notre chiffre d’affaires global ». D’ailleurs, la compagnie a l’intention de se « spécialiser davantage dans la couverture du risque industriel », selon ses responsables d’où ce recyclage qui intervient trois ans après une opération similaire avec le groupe Swiss Re, dont ont dit qu’il est « de notoriété mondiale en matière de gestion du risque ». Cette conférence a été l’occasion d’aborder avec des spécialistes algériens dans le domaine des assurances beaucoup de questions liées au tarif, à l’indemnisation des assurés et enfin, à l’assurance catastrophes naturelles (Cat-Nat) qui est peu développée en Algérie « en raison du peu de communication des compagnies d’assurances qui n’ont pas joué à fond le volet sensibilisation des citoyens », reconnaît Tahar Bala et ce, malgré son caractère obligatoire. Pour les autres points, c’est le vice-président de l’assureur suisse qui vient à la rescousse en faisant valoir que le problème des retards dans l’indemnisation résulte de « la lourdeur de la gestion des sinistres », ce que la compagnie 2A, à travers ce type de partenariat, « est en train d’améliorer pour atteindre une gestion efficace et répondre aux soucis des assurés », dira M. Merouche, un Algérien dans le staff de Swiss Re, depuis dix ans déjà. Il faut dire aussi que si la compagnie 2A a réussi à obtenir son certificat Iso, depuis 2004, cela atteste de « la célérité dans le traitement des dossiers et la satisfaction de la clientèle », nous di M. Bala qui a reconnu que « les tarifs sont bas pour l’automobile », bloqués par le gouvernement, ce qui ne laisse qu’une faible marge de manœuvre, à l’assureur, c’est-à-dire « agir sur les garanties facultatives. » Malgré ces aléas, 2A qui est constituée de plusieurs actionnaires comme Dahli, propriétaire de Hilton, Ofarco, promoteur immobilier, Pharmagen et Arcofina a tout de même pu réaliser de bons résultats. Elle a pu faire face à un sinistre de 350 millions de dollars « payé en six mois », dit fièrement son P-DG. Quant à son chiffre d’affaires, il a été de l’ordre de 3.203.682.091 DA en 2011, soit en progression de 5,42% par rapport à 2010. Ses parts de marché sont, elles, de 4% seulement.

K. Daghefli