Article de presse

EL WATAN 04-09-2012

La remise en cause de la 2A

Le plafonnement des remises sur les primes d’assurance d’automobiles ne semble pas susciter l’assentiment de tous les professionnels du secteur.

Le premier responsable de l’Algérienne des assurances (2A) a remis en cause, hier, le principe d’une telle mesure. Si la 2A a adhéré à l’accord initié par l’Union des assureurs et réassureurs, cela n’empêche pas le DG de la compagnie privée,  Tahar Bala, de remettre en cause le fondement d’un tel accord. Il explique sa position par le fait que l’activité d’assurance est avant tout une activité commerciale et qu’il revient à l’assureur d’évaluer les primes d’assurance en fonction du risque. Pour lui, ce genre de mesures tend à bureaucratiser l’activité.

Cependant, il reconnaît les griefs adressés aux professionnels du secteur quant à l’anarchie qui règne sur le marché des assurances. L’assureur, qui s’exprimait en marge d’un séminaire de formation sur les risques industriels, organisé en partenariat avec la Swiss Re, est également revenu sur la sempiternelle question des tarifs et des primes d’assurance qu’il considère trop bas. Il semble aussi que certaines conditions réglementaires posent quelques contraintes aux assureurs privés qui, malgré tout, s’adaptent à la donne réglementaire.

A titre d’exemple, la filialisation de l’assurance des personnes que la 2A a décidé d’abandonner vu que la somme des primes collectées sur cette branche, soit 300 millions de dinars, ne couvre pas le capital minimum nécessaire à l’ouverture d’une filiale, à savoir 1 milliard de dinars. Il s’agit aussi du semi-monopole de la compagnie centrale de réassurance. A ce propos M. Bala estime que la 2A se soumet à la réglementation en vigueur et confie 50% de son portefeuille de réassurance à la CCR, tandis que le reste est négocié avec de grandes compagnies. Chose qui permet à l’assureur de prendre en charge de gros risques industriels.

Ainsi, la 2A a indemnisé un sinistre de 350 millions de dollars à ArcelorMittal en 6 mois. L’éloignement des assureurs privés des industries publiques aurait pu aussi déranger la compagnie qui table sur les risques industriels pour sa stratégie de développement. Or, l’assureur compte sur l’amélioration des prestations de services. Les risques industriels constituent 56% du portefeuille de l’assureur. Celui-ci a réalisé en 2011 un bond de 15% de son chiffre d’affaires à 3,2 milliards de dinars et de 20% de son résultat à 307 millions de dinars. Des performances expliquées par la baisse des sinistres.